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 Des souvenirs plus sombres les uns que les autres...

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Lana Fox
Brosse à dents noyée


Présages :
105

Race  :
Hybride.

Métier  :
Serveuse dans un café.

Nationalité  :
Américaine.

Inventaire  :
Une montre à gousset et des lunettes de soleil.

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14/08/2015


MessageSujet: Des souvenirs plus sombres les uns que les autres...   Dim 16 Aoû - 21:09


Parce que fuir est la seule solution




Lana courait. Elle fuyait cet endroit où régnait la blancheur et l'odeur de médicaments. Cette atmosphère était si pesante, si oppressante. La fillette avait l'impression que sa tête allait imploser: elle avait la sensation qu'un étau se resserrait de plus en plus autour de son crâne. Elle n'en pouvait plus et courait aussi vite que ses jambes pouvaient le supporter.

Elle était dans un hôpital. Que faisait-elle là, au juste? Elle l'ignorait. Ses souvenirs étaient flous et ne voulaient remonter jusqu'à son cerveau. La fillette n'arrivait pas à réfléchir, et le sentiment de peur qu'elle ressentait en ce moment allait en grossissant. Elle était terrifiée.

Son bras lui faisait atrocement souffrir: elle avait arraché, un instant plus tôt, la perfusion qui lui injectait un liquide étrange. Elle ne savait ce qu'il en était, mais elle ne chercha pas à comprendre. Elle n'avait qu'un seul objectif en tête: quitter cet endroit lugubre et inquiétant.

Bizarrement, il n'y avait personne dans cet hôpital... Pas d'infirmières, pas de secrétaires ou de médecins en blouse blanche. Un hôpital sans personnel n'est pas franchement un hôpital pensa-t-elle. Où étaient-ils tous partis?

Enfin, au moins, la fillette pouvait s'enfuir sans se soucier de la discrétion. Il n'y avait pas un chat dans le couloir et le silence régnait en maître sur les lieux. Un courant d'air vint chatouiller les jambes nues de Lana et elle frissonna. Elle se dit que, puisqu'il n'y avait personne, elle pouvait prendre le risque d'aller se chercher de quoi lui tenir chaud.

Elle longea le mur du long couloir qui continuait de s'allonger. L'ambiance qui y régnait ne rassura pas la jeune fille et l’oppressait de plus en plus. Elle n'arrivait plus à respirer ni même à réfléchir. Son mal de crâne empirait et elle avait l'impression que les murs se rapprochaient. Qu'ils la compressait pour au final, l'écraser.

Elle se mit à courir, avec le peu de force qui lui restait, et s'enfonça de plus en plus dans ce couloir sans fenêtres. Seul de petites diodes éclairaient l'endroit d'un bleu presque luminescent. Elles étaient disposées chacune à quelques mètres des autres. Ainsi, des ombres effrayantes pouvaient se mouvoir entre ces espaces. Effrayantes et immenses. Mais ce n'était simplement que l'ombre de la fillette qui se projetait sur les murs.

Soudain, une porte fit son apparition, seule présence rassurante dans ce couloir singulier. Lana se dirigea vers ce nouveau chemin qui s'offrait à elle. Elle saisit la poignée et la tourna le plus délicatement possible.

La lumière lorsqu'elle ouvrit la porte l'éblouit pendant un instant. Elle tourna la tête et se protégea de sa main. Elle ne pouvait les ouvrir et regarder à l'intérieur de la petite pièce. Elle attendit donc que ses yeux s'habituent à la lumière vive, -contraste avec la lumière bleue du couloir-, qui illuminait la salle.

Lorsque enfin, la vue lui revint, elle s'introduisit furtivement dans la nouvelle pièce qui s'offrait à elle.

Des outils en tout genre étaient posés sur des tables d'un blanc immaculé placées les unes à côté des autres. Toutes placées en deux rangées bien distinctes laissant ainsi un passage pour pouvoir s'avancer facilement entre elles.

Des fioles qui contenaient des liquides d'une couleur différente pour chaque tube avaient été mises sur  des supports et des post-it avait été collé sur leur surface.
Lana s'approcha et lu le nom qui était marqué sur le petit bout de papier: 6C-2 type hybride.
Mais qu'est-ce que ça veut bien dire? Un hybride? Lana ne savait pas ce que voulait dire ce mot qui sonnait bizarrement dans son esprit. Elle ne connaissait pas ce nom et elle en eut des frissons.

Un faible grognement vint soudain rompre les pensées de la fillette. Elle tourna la tête mais ne vit rien qui pourrait identifier la personne qui avait poussé ce petit bruit. Alors, elle se dirigea vers la provenance de ces petits gémissements.

Là, sur une des tables dans le fond de la pièce, elle vit une cage. Une petite cage en fer dans laquelle une panthère noire était retenue. Toute petite. Ce n'était encore qu'un bébé. Elle avait sur sa patte avant gauche une sorte de bracelet qui, d'après Lana, servait à l'identifier: il était écrit une suite de nombre incompréhensible pour la fillette... C'était une sorte de code que seul les grandes personnes pouvaient comprendre.

La panthère la regardait d'un air si triste que Lana eut pitié d'elle. Elle s'approcha et, sans faire attention à rester discrète pour éviter de se faire repérer, la fillette commença à lui parler. Plus pour se rassurer que pour discuter, elle n'aimait pas cette endroit qui lui donnait la chair de poule.

« Tu as envie de sortir, hein? Moi aussi je cherche la sortie... tu pourras peut-être m'aider. »

Et la panthère grogna faiblement, comme si elle comprenait la petite fille. Cette dernière écarquilla les yeux. L'animal venait-il de lui répondre? Lana se dit que ce n'était qu'une coïncidence, néanmoins, elle voulait être sûre.

« Est-ce que... tu me comprends? »

Et la panthère grogna une nouvelle fois. Lana savait que l'animal la comprenait, ce qui lui fit prendre une décision: elle le prendrait avec elle. Lana chercha une clé qui pourrait servir à ouvrir le gros cadenas protégeant la porte de la cage. Elle ouvrit tous les tiroirs rapidement, craignant l'arrivée inattendue d'un médecin.

Elle chercha partout: dans les tiroirs, sous les papiers, derrière les classeurs, les cartons... Mais rien, elle ne trouvait absolument rien. Alors qu'elle allait baisser les bras, un petit interstice entre les classeurs attira son attention. Elle s'avança et poussa les quelques dossiers qui lui bouchaient la vue. Derrière ses nombreux cahiers se trouvait une petite boîte. Lana la regarda attentivement, puis l'ouvrit. Une petite clé avait été déposé sur un petit support en velours. Elle la saisit et se dirigea rapidement vers l'animal toujours enfermé.

Sa main tremblait lorsqu'elle introduisit la clé dans le petit espace du cadenas. Elle ouvrit la cage et prit dans ses bras le petit animal  qui visiblement, n'avait plus aucune force.

La fillette s'avança vers la seule porte de la petite pièce mal éclairée. Elle ne put s'empêcher de se retourner. Elle pensa en regardant les différents ustensiles présent sur les tables, que l'endroit où elle se trouvait n'était pas un hôpital... mais un laboratoire. A cette pensée, Lana frissonna. Qu'est ce qu'elle faisait dans un laboratoire?

Décidément, sa mémoire lui faisait toujours défaut...

Elle entrouvrit la porte, tournant le dos à cette pièce qui sentait les médicaments. Elle passa sa tête par l’entrebâillement et regarda dans le couloir sombre et lugubre. Ses yeux s'étant habitués à la lumière jaunâtre de la salle précédente, elle dû attendre un petit instant avant de pouvoir percevoir la totalité du couloir.

Soudain, une ombre immense fit son apparition et des voix se firent entendre, leur écho traversant le long tunnel, se répercutant sur les murs et agressant les oreilles de la fillette.

« ...elle n'est plus dans sa chambre...... la retrouver...... qu'elle ne s'enfuie.... »

Des bout de phrases atteignaient difficilement les oreilles de la jeune fille, mais ce qu'elle comprit la glaça d'effroi.

Lana se mit à courir à toute vitesse, faisant attention à ne pas serrer trop fort la petite boule de poil dans ses bras. Cette dernière s'était blottit contre sa poitrine et commençait à somnoler.

Les ombres s'étendaient, gigantesques et commençaient à rattraper la jeune fille. Elles grimpaient dans son dos, la dépassant. Parfois, elles revenaient en arrière, pour mieux réapparaître sur le sol devant la fillette.

Lana était horrifiée à l'idée que ces personnes puissent la saisir et la ramener dans cette chambre où siégeait un unique lit. Il n'y avait ni fenêtres, ni meubles dans cette salle où la fillette s'était réveillée. Elle ne voulait pas y retourner et accéléra son allure. Les ombres s'éloignèrent enfin.

La petite fille arriva enfin face à une porte à deux battants, imposante. Dans la précipitation, Lana ouvrit les portes avec fracas et les referma brusquement, laissant ces ombres effrayantes derrière elle.

Un silence de mort régnait dans la pièce et Lana se retourna. Elle fut aussitôt glacée d'effroi: elle était arrivée dans une sorte  de salle d'accueil éclairée et tout le monde présent dans la pièce la regardait, surpris. Tous ces yeux l'observaient et la fillette prit peur: ils allaient la ramener là-bas. Non! Elle n'y retournerait pas.

Elle prit son courage à deux mains, jeta un coup d’œil à son nouvel ami qui dormait toujours, puis courut à toute vitesse vers la sortie. Elle eut juste le temps d'entendre la porte, qu'elle venait de fermer, s'ouvrir et des voix lancées aux personnes qui se trouvaient là:

« Rattrapez-la, il ne faut pas qu'elle s'échappe! »

Mais Lana n'eut pas le temps, ni le loisir de regarder en arrière de peur de trébucher. Elle continua sa course, passant entre les personnes toujours dans l'incompréhension. La fillette profitait de la situation pour s'échapper, laissant derrière elle une ambiance confuse de questions silencieuses.

Enfin, elle fut dehors. Elle alla se réfugier dans les buissons environnants, ses petits pieds nus laissant des traces dans la neige. Elle regarda l'insigne qui indiquait le nom du laboratoire. Un nom pas très original pensa Lana: Laboratoire des Lipschitz. Elle ne connaissait pas ce nom mais n'eut pas le temps de réfléchir, les médecins (ou du moins, les personnes en blouses blanches) étaient sortit et se dirigeaient vers la cachette de la fillette.

Elle se dirigea vers la forêt qui entourait le bâtiment blanc. La panthère dormait toujours dans ses bras, et grognait dans son sommeil. Lana décida d'arracher le bracelet qu'elle avait sur la patte et le jeta par-terre.

Elle s'enfonça dans la sombre forêt, laissant pour seul indice de sa fuite le bracelet qui gisait dans la neige.
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MessageSujet: Re: Des souvenirs plus sombres les uns que les autres...   Mer 26 Aoû - 14:20


Un hiver glacial




Elle avait froid... Très froid. La petite fille grelottait en serrant son petit manteau qui ne recouvrait pas toutes les parties de son pauvre corps frigorifié. La panthère qui l'accompagnait s'efforçait de la réchauffer, comprenant que ce petit être fait de chair ne pourrait résister à ce froid glacial.

Lana était allongée dans la neige, entre deux murs de maisons qui protégeaient la ruelle du vent hivernal. Malgré cette protection de pierre, la fillette frissonnait. Son nez, rougit par le froid, témoignait de cet hiver difficile.

Elle n'avait pas pensé, après sa fuite de cet hôpital effrayant, de l'endroit où elle aurait put aller par la suite. Elle ne voulait pas mourir congelée dans une petite ruelle sombre dont le nom lui était inconnu.

Elle regarda la petite panthère allongée à ses côtés. Grâce à sa fourrure, elle protégeait Lana des courants d'air qui s'infiltraient lentement sous son manteau. Elle serra l'animal dans ses bras afin de se rassurer: elle pouvait sentir les battements de son cœur. Avoir une présence près d'elle lui insufflait un sentiment de sécurité, surtout que cette fameuse présence appartenait à une panthère capable de se défendre... malgré son jeune âge.

" Yuri " murmura la fillette tout en serrant d'avantage la petite boule de poil dans ses bras.

Elle lui avait trouvé ce nom lorsqu'elle était en train de fuir l'endroit macabre dans lequel elle s'était réveillée: cet hôpital étrange portant un nom tout aussi surprenant... Lipsc... Lipcshi... Lana ne se souvenait pas du nom qui était beaucoup trop compliqué à formuler pour une fillette de six ans.

La jeune fille regarda ses mains: bleuies par le froid, elles tremblaient sans qu'elle ne puisse les en empêcher. Elle ne contrôlait plus son corps meurtrit par le vent glacial qui l'effleurait. Elle en avait assez de rester par-terre, à même le sol. Lana voulait un lit dans lequel dormir et se reposer, de la nourriture pour qu'elle puisse se rassasier, et une bonne douche, pour se laver...

Mais la fillette n'avait pas assez de force pour bouger, et encore moins pour se lever. Ses membres refusaient d'obéir et restaient immobiles, la laissant avec un sentiment de frustration dans l'esprit. Resterait-elle là jusqu'à ce que son corps ne puisse tenir un instant de plus? Elle ne le voulait-pas.

Ses yeux commençaient à se fermer. L'épuisement et la faim ont affaibli son corps. Lana perdit connaissance rapidement, laissant la petite panthère seule dans la ruelle sombre.
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MessageSujet: Re: Des souvenirs plus sombres les uns que les autres...   Ven 28 Aoû - 19:41


Un "sauveur" mystérieux...




Une voix indistincte parvint aux oreilles de la fillette. Encore inconsciente, elle ne pouvait entendre que quelques bribes de paroles qu'un inconnu lui transmettait. Était-ce un homme, ou une femme? Un enfant, ou un adulte? Lana l'ignorait. Elle n'arrivait pas à ouvrir les yeux, et encore moins à se concentrer sur le flot de mots qui pleuvaient sur elle.

La jeune fille sentit quelque chose de râpeux sur sa joue. Qu'est-ce que c'est? Cela la chatouillait et l'empêchait de se rendormir... Elle était fatiguée et voulait se reposer pour ne plus jamais se réveiller. Elle en avait assez de rester dans la neige. Elle en avait marre et voulait par-dessus tout quitter cet endroit où régnait le froid et la misère.

Le chatouillis ne s'arrêtait pas et agaçait de plus en plus la fillette. Elle ouvrit difficilement les yeux, mais la lumière du jour -tient, il faisait déjà jour?- l'éblouit presque instantanément. Elle referma brusquement ses yeux, qu'elle avait eut du mal à ouvrir... Elle voyait comme de petites lumières danser sous ses paupières, presque hypnotisant.

Le flot de paroles ne cessaient d'attaquer les oreilles de la fillette, les agressant de cette voix grave et rauque incessante. Lana voulait dormir, mais ce bruit était comme un sifflement bruyant dans son esprit, empêchant la fillette de retourner dans les bras de Morphée...

La jeune fille, sous le coup de l'impatience et de l'agacement, ouvrit ses yeux sans trop de difficultés cette fois. Néanmoins, la lumière l'aveugla encore. Elle détourna le regard de cette source lumineuse.

Elle pouvait sentir quelque chose de doux contre sa peau. Cette même chose bougeait dans tous les sens, s'approchant du visage de Lana pour lui caresser le bout du nez. Elle regarda autour d'elle. La petite panthère qu'elle avait  sauvé des griffes des scientifiques était toute proche, sortant sa langue pour lui lécher la joue.

" Yuri! " cria-t-elle tout en serrant la petite boule de poil dans ses bras.

La voir ainsi réconfortait la petite toujours assise dans la neige. L'animal grognait de plaisir et se blottit encore plus contre son amie. Lana souriait, heureuse de voir que la panthère était restée à ses côtés pendant tout le temps où elle avait perdu connaissance. Combien de temps exactement? Une heure? Quatre heures? Une journée? Beaucoup plus?

Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Elle avait perdu la notion du temps. Seule la présence de la panthère la rassurait: au moins, elle n'était pas seule dans cette ruelle.

La voix continuait à brayer dans ses oreilles. Elle finit enfin par tourner sa tête vers l'individu qui n'avait pas arrêté de parler depuis qu'elle s'était réveillée.

Un homme était agenouillé devant elle. Il portait une grosse écharpe et un large manteau qui descendait jusqu'à ses mollets. Il l'a regardait avec un air inquiet et approchait sa main vers la fillette. Yuri grogna presque aussitôt, menaçant l'étranger avec ses crocs acérés, retroussant ses babines afin que l'homme devant Lana puisse les voir distinctement.

L'homme recula sa main et regarda avec surprise et méfiance la bête qui se trouvait aux côtés de la fillette. Enfin, il observa la jeune fille et lui demanda avec une grande inquiétude dans la voix:

" Est-ce que tu vas bien, jeune fille? "

Et puis il lui donna sa grosse écharpe. Lana le regarda, surprise par son élan de générosité que personne avant lui n'avait fait. Tous les passants qu'elle avait vu marcher dans la ruelle détournaient le regard à chaque fois qu'elles la voyaient, ignorant ainsi son regard de détresse.

Mais pas lui. Lui s'était arrêté pour savoir si elle allait bien. Lui s'était agenouillé dans la neige et lui avait donné son écharpe. Lui s'était inquiété... Personne d'autre.

" J'ai froid..." lui dit-elle d'une voix rauque qui la surpris.

Elle ne pensait pas qu'elle était dans un si mauvais état que ça. L'homme lui sourit et lui donna son manteau. Lana le regarda avec étonnement.

" Non.. Vous allez avoir froid... " murmura-t-elle, gênée.

Mais l'étranger rigola et aida la fillette à l'enfiler. Le manteau était bien trop grand pour elle: les manches tombaient de ses mains lorsque Lana les tendaient. Mais au moins, il tenait chaud.

La petite fille invita sa panthère a entrer dedans: elle enroula les pans du manteau autour de l'animal. Il était tellement grand que l'on ne voyait pas qu'il y avait plus d'une petite fille là dessous.

L'homme sourit une fois de plus et regarda attentivement la petite panthère -enfin, le museau... puisque l'on ne la voyait pas entièrement.

" As-tu des parents? " la questionna-t-il.

Lana fut surprise par cette question. Des parents? Non, elle n'en avait pas... A vrai dire, elle ne se souvenait pas de leur visage, et encore moins de leur nom. C'était comme si quelqu'un lui avait retiré ce souvenir de sa mémoire...

" Non... " répondit-elle tristement.

L'homme la regarda puis posa sa main sur son épaule. La fillette le fixait, mais elle ne pleurait pas. Pourquoi pleurer puisqu'elle ne se souvenait pas d'eux... Ils ne lui manquait pas puisqu'elle ne les connaissait pas.

" Je peux t'emmener dans un orphelinat si tu veux... Il n'est certes, pas en très bon état, mais au moins, il y a de la nourriture. " continua l'étranger.

Lorsqu'elle entendit le mot «nourriture», son ventre grogna. La fillette rougit malgré elle et acquiesça face à la question muette de l'homme. Ce dernier lui sourit et la prit dans ses bras afin de se mouvoir plus facilement. En effet, Lana n'avait pas assez de force pour bouger.

L'homme marcha un certain temps avant de s'arrêter devant une grande bâtisse. Elle était immense et était tout en pierre. De larges fenêtres remplissaient la façade du bâtiment. La neige sur le toit tombait en fines pellicules sur le sol.

Lana était impressionnée par l'immensité de cet endroit et regarda l'inconnu qui la portait, avec un air surpris. Celui-ci sourit et s'avança vers la porte en fer qui protégeait l'entrée de l'orphelinat. Il poussa la lourde porte et pénétra dans la cour chargée d'arbres ayant perdu leur feuilles et de buissons. Lana regardait partout autour d'elle, peu rassurée par l'ambiance de l'endroit.

L'homme continuait d'avancer vers la grande bâtisse qui allait bientôt être la nouvelle maison de la fillette. La porte de l'orphelinat s'ouvrit soudain, laissant apercevoir à la lumière du jour une petite femme rondelette d'un âge avancé. D'affreuses lunettes rondes trônaient sur le bout de son nez et ses cheveux étaient relevés en un chignon strict au sommet de sa tête. Lana n'aimait pas cette femme... et visiblement, Yuri non plus: la fillette pouvait l'entendre grogner dans le manteau.

La petite fille commençait à se débattre mais l'inconnu la tenait fermement et avançait toujours vers la vieille dame à l'allure effrayante. Cette dernière fit un large sourire et Lana put apercevoir ses dents jaunies par le temps.

" Bienvenue à l'orphelinat! " siffla-t-elle aux nouveaux arrivants.

Lana n'avait décidément pas envie de rester ici...

" Bienvenue chez toi! " lui lança-t-elle d'un sourire inquiétant...
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MessageSujet: Re: Des souvenirs plus sombres les uns que les autres...   Mer 23 Déc - 14:54


-L'orphelinat-



La misère régnait en maître dans cet endroit: poussière, acariens avaient élu domicile depuis un certain temps maintenant et la moisissure rongeait les meubles décorant les sombres pièces de l'institut. Il n'y avait pas un seul mobilier qui n'était pas attaqué par le temps. Le manque d'hygiène était néfaste pour tous les enfants se trouvant en ce lieu sec et froid, mais personne ne faisait d'effort afin d'améliorer ces conditions de vie déplorables. La directrice de l'orphelinat ne s'occupait que de sa petite personne et laissait les gamins affamés dans leur coin.

Lana en avait plus qu'assez de vivre dans un endroit où personne ne voulait d'elle et de sa panthère: Yuri lui manquait affreusement -la vieille femme aux lunettes rondes l'avait enfermé dans un des cachots, au sous-sol de la bâtisse soit disant parce que l'animal était dangereux... N'importe quoi!

La petite avait tenté plusieurs fois de la libérer, mais la seule chose qu'elle avait réussi à faire, c'était d'être enfermée à son tour sans ménagement par les hommes qui surveillaient les enfants: la vieille les avait engagée alors qu'un des gosses avait essayé de s'enfuir un jour.
Ils avaient libéré Lana 5 jours plus tard, la retrouvant amaigrie, les joues creusées par le manque de nourriture, proche de la mort. Jours après jours, la gamine se remettait de son séjour "en prison" et pendant que son corps reprenait quelques forces, elle eut pour projet de s'enfuir de cet endroit qui n'était pas fait pour elle.

Mais en attendant sa pleine guérison, Lana attendait, se promenant dans la cour du pensionnat, dans l'endroit qui -selon elle- était le plus beau de tous malgré la présence sordide du bâtiment noir. Elle l'avait découvert un jour, alors qu'elle s'ennuyait: c'était une large allée dont le chemin traversait une grande forêt d'arbres blancs recouverts par la neige. Un endroit d'un blanc pur contrastant avec la noirceur de l'orphelinat, contraste qui faisait ressortir la beauté des lieux. Lana aimait à marcher là-bas, et s'était promit d'amener Yuri la voir elle aussi.

Les jours défilèrent et leur monotonie avec: ils se ressemblaient tous. Le matin, on se lève, on déjeune, on fait le ménage -étrange non?, le midi, on mange, on fait une sieste forcée, le soir, on va se coucher très tôt. Toujours cette même routine infernale qui ne cesse de recommencer dès que le soleil pointe le bout de son nez. Insupportable.

C'était décidé, le lendemain Lana et Yuri se feraient la malle, et personne ne pourra les en empêcher.


H .

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