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 La naissance d'une infirmière

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Jesalynda Graziella



Présages :
46

Race  :
Hybride (tigre blanc).

Métier  :
Elle déambule actuellement dans le pensionnat en tant qu'infirmière.

Nationalité  :
Italienne.

Inventaire  :
Seringue et boule de laine

Réputation  :
22 points.

Interne depuis le  :
20/09/2015


MessageSujet: La naissance d'une infirmière   Mar 29 Sep - 21:16

Le soleil frappait joyeusement de ses rayons la maison de la famille Graziella. Celle-ci n’était pas fort grande – elle n’avait qu’un étage, cinq pièce en comptant les chambres – mais était bien assez coquette pour ceux qui y habitaient. On ne pouvait pas se permettre grand-chose dans un foyer aussi modeste, et tout l’argent gagné par les époux allaient soit sur le compte en banque de leur petite princesse, soit dans une surprise qui pourrait donner un peu de joie sur ce visage poupin.

Pourtant, Jesalynda n’était pas une petite fille capricieuse : calme, elle demandait rarement a acheter quelque chose, sachant très bien que les revenus étaient faible. Elle avait aussi bien compris que ses parents seraient prêt à se mettre en difficulté pour lui faire plaisir, et ainsi éviter la sensation de déchirement qui leur étreignait le cœur lorsqu’ils étaient obligé de lui dire non. S’était déjà arrivé : une fois, elle avait insisté pour avoir la poupée à la mode à ce moment là, que toute ses amies avait. Elle l’avait tant demandé, que ses parents avaient craqué, et lui avaient offert le jouet tant convoité. Et ce mois là, ses parents s’étaient privé de nourriture pendant une semaine afin qu’elle puisse manger à sa faim.

Ce jour là cependant, les deux époux avaient décidé de faire une surprise à leur fille bien aimée : la mère de la petite avait gagné à la loterie. Pas grand-chose me direz vous, juste une centaine d’euros, mais cela leur avait permis d’organiser un anniversaire surprise pour leur princesse.
Ils avaient ainsi pu inviter tout les amis de la petite, et le petit groupe était actuellement dans le jardin, en train de s’amuser dans les balançoires et la cabane dans l’arbre qui avait été construite quelques mois auparavant.

Le gâteau était délicieux, et les deux époux regardaient avec adoration leur petite princesse qui rayonnait de bonheur, avant de prendre les assiette et de se diriger dans la maison. Les enfants étaient dans la cabane et ils pourraient les observer depuis la cuisine, d’où ils commenceraient la vaisselle.

C’est alors que cela avait commencé : d’abord très doucement, de telle manière que ni Vanessa, ni Mario ne remarquèrent que les photos affichées au mur s’étaient mises à trembler. Ensuite, ce fut un peu plus fort, et Vanessa remarqua enfin que un léger remous dans l’eau qui emplissait le bac de vaisselle.

C’est alors qu’elle se souvient des alertes qu’elle avait entendue au journal quelques heures plus tôt : on annonçait un tremblement de terre. Mais elle ne s’en fit pas plus que cela : la jeune maman se disait que la secousse serait minime, et que cela serait bientôt fini. Grosse erreur…

Tout s’enchaina très vite : les secousses s’intensifièrent, faisant trembler les murs de la maison, ainsi que l’arbre dans lequel les enfants jouaient. Ceux-ci paniquèrent, tentant de s’accrocher à tout ce qui leur tombait sous la main, avant de se réunir au centre de la cabane, se tenant les un aux autres, tout ce qu’ils pouvaient atteindre. La maison s’effondra une seconde avant que la cabane ne tombe, emportant ainsi la vie des parents de la petite Graziella, et la vie de quelques un de ses amis.


Tous tombèrent en une masse informe au sol, les premiers étant mort sous le choc ou sous le poids des autres, ceux du dessus, assommé par le coup mortel des planches sur leur crâne fragile : seuls ceux qui avaient eu la chance de se trouver au juste milieu, ni trop bas, ni trop haut, étaient encore en vie. Au départ, ils ne dirent rien. Ils étaient soit inconscient, soit trop choqué pour se rendre compte de ce qu’il s’était passé. Ce n’est qu’au bout de quelques jours qu’ils se réveillèrent enfin de leur torpeur, poussant des sanglots déchirants. Ce n’est qu’au bout de quelques jours qu’on retrouva les cinq enfants, seuls survivants de leur âge au milieu d'une poignée d'adulte à peine plus responsable.


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Jesalynda Graziella



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MessageSujet: Re: La naissance d'une infirmière   Mar 29 Sep - 21:38

Cela faisait presque un mois que la petite avait été retrouvée. Un mois qu’elle avait perdu ses parents, un mois qu’elle s’était retrouvée seule, projetée dans ce monde d’adulte. La brunette s’était retrouvée forcée d’avancer avec des gens qu’elle ne connaissait pas, mais elle avait vite compris que dans ce genre de situation, les conseils de ses parents consistants à ne pas approcher des inconnus n’étaient plus de mises. A vrai dire, la seul chose sur laquelle elle devait se concentrer à présent était de survivre.

Il y a deux semaines de cela, ils avaient tous entendu parler d’un continent ayant échappé au massacre : Azaela. Ils ne s’étaient pas posé plus de questions que cela, et s’étaient mis en route, sur les maigres informations dont ils disposaient. Après avoir réuni le maximum de vivre – Jesalynda avait eu beaucoup de mal à se dire que comme ces gens ne risquaient plus d’avoir besoin de ce qu’ils avaient dans leur frigo, elle ne faisait rien de mal – ils s’étaient tous dirigé vers la côte, où ils avaient pu constater avec soulagement qu’il restait quelques bateaux amarrés au port et, surtout, en état de prendre la mer. Certes, ce n’étaient pas de grand luxe – la plupart ressemblaient à de vieilles bicoque dont on se demandait comment elles avaient survécu à la catastrophe – mais ils n’étaient pas en état de faire les difficiles. Alors, ils se mirent en route : huit adultes, cinq enfants. Seuls cinq d’entre eux arrivèrent saint et sauf à bord de ce continent tant rêvé et tant attendu.

Mais le plus dure restait à faire, et c’est ce dont ils se rendirent compte alors que la petite troupe s’enfonçait dans la forêt. Jesalynda, malgré ses huit ans, était considérée comme une adulte à présent : elle devait faire sa part du travail pour avoir sa place au saint de cette micro communauté qui se serrait les coudes tant que leur intérêt s’y trouvait. Elle n’était pas naïve : Jesa avait bien compris que les hommes fonctionnaient par intérêt, et qu’ils n’éprouveraient aucun remord à les trahir si ils en avaient le besoin. Il n’y avait qu’a voir ceux qui avaient été jeté à la mer – sois disant qu’ils avaient basculé – parce qu’ils étaient malade ou autre.

Comme la petite n’était pas encore assez forte pour chasser, elle était d’astreinte pour la garde du camps. En quelques semaines, elle avait perdu beaucoup de poids : elle n’avait jamais été bien grosse, certes, mais elle était à présent assez maigre pour rivaliser avec un squelette. Les traits doux de son visage avaient disparu, ne laissant place qu’a la dureté de ses os saillants, ses côtes se voyaient sous les maigres lambeaux qui lui restaient pour se couvrir, et on se demandait comment elle pouvait encore tenir sur ses jambes tant elles étaient fine. Le fait était que si quelqu’un avait tenté de prendre le camps d’assaut, elle n’aurait pas pu faire grand-chose : en fait, si le titre officielle faisait d’elle une gardienne de camps, Jesa savait très bien qu’elle n’était en fait qu’un moyen de retarder les animaux sauvages qui pourraient s’en prendre à eux et, si possible, au moins rassasier l’un d’entre eux – ce qu’elle trouvait ridicule en sachant qu’elle n’avait plus que la peau sur les os, de manière littérale.

Cette nuit là, il pleuvait à torrent. Les maigres vêtements de l’enfant ne suffisaient plus à la garder au chaud en temps normal, et à présent trempé, elle résistait tant bien que mal à l’envie de les enlever et de les balancer à terre. Elle savait que ce serait bête, et il lui restait assez de pudeur pour s’en empêcher. Elle n’aurait qu’a les mettre à sécher – ou les garder sur elle en attendant qu’ils perdent leu humidité, car elle savait que si elle s’en séparait, on n’hésiterait pas à lui voler.

Serrant ses petits bras autour de sa cage thoracique, elle avançait péniblement. Les autres marchaient vite : comme ils participaient de manière active à la survie, ils avaient par conséquent droit à plus de nourriture, et ne lui laissaient que de quoi la garder en vie. Elle les soupçonnait depuis quelque temps de vouloir se débarrasser d’elle, mais qu’aurait-elle pu faire ? Elle était inutile, et elle s’y était résignée depuis longtemps. Seul Fabio, l’un de ses meilleurs amis, parvenait parfois à lui amener un peu à manger. La jeune fille lui en était reconnaissante : elle savait que ce dernier devait se priver pour qu’elle puisse se sustenter un peu plus, et même si elle avait plus d’une fois protesté contre sa privation volontaire, le petit garçon n’avait jamais accepté aucune de celle-ci.

Elle était donc à la traîne, ses cheveux emmêlés lui collant au visage et réduisant encore plus sa visibilité, lorsqu’un étrange éclat sur le côté attira son attention. A travers la végétation, elle avait vu quelque chose. Elle ne savait pas quoi, et serait bien incapable d’expliquer comment elle avait pu le distinguer à travers la pluie qui lui bloquait la visibilité, mais elle était certaine qu’il y avait quelque chose.

Elle fit un pas dans la direction de ce qu’elle avait vu, comme hypnotisée, puis encore un. Au bout d’une dizaine de pas, l’enfant parvint à discerner les grilles gardées d’un grand manoir et laissa échapper une exclamation de surprise.

Les autres ne devaient pas être si inattentif que cela à sa réaction, car ils se retournèrent d’un même mouvement vers elle, puis dans la direction qu’elle regardait, avant de se précipiter vers celle-ci, la bousculant au passage. Elle fut envoyée dans la boues, ne laissant même pas échapper un gémissement de douleur lorsque ses mains furent écorchées sur les cailloux pointus, et que sa tête heurta le tronc. A quoi bon ? Déjà, une torpeur commençait à l’envahir, et un doux liquide chaud coulait sur son crâne.

Elle voulait croire que ce liquide allait la réchauffer, qu’elle pouvait s’endormir, là, comme cela. Elle était bien. Une légère protestation franchit ses lèvres lorsqu’elle senti qu’on la soulevait, l’arrachant à cet abri où elle se sentait si bien, mais elle n’eut même pas la force d’ouvrir les yeux.


La brunette sentit simplement l’étreinte dure et presque familière de son ami, suivi du balancement singulier que l’on ressentait toujours lorsqu’on était porté par une tierce personne.

-Ca y est, on a réussi. On est en sécurité, maintenant.


Ce furent les derniers mots qu’elle entendit avant de sombrer, et dans l’obscurité qui l’entourait, elle parvint même à trouver du réconfort à ces mots…


Dernière édition par Jesalynda Graziella le Sam 10 Oct - 21:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La naissance d'une infirmière   Mar 29 Sep - 22:01

Il avait fallu plusieurs semaines pour remettre la brunette d’aplomb. Il s’avéra qu’en plus d’être en carence d’à peu près tous les nutriments, elle avait également une commotion cérébrale à cause du coup à la tête, et avait évité de peu une infection du sang.

Du côté de ses amis, ces derniers s’étaient bien remis : loin d’être aussi décharnés qu’elle, une semaine d’entrainement et de remise en forme au centre, tout en mangeant à leur faim, leur avait suffi à retrouver la forme – certains se trouvaient d’ailleurs en meilleure forme qu’avant le tremblement de terre.

La brunette voyait régulièrement ses compagnon de fortune, mais aucune trace de Fabio. A chaque fois qu’elle demandait de ses nouvelles, on éludait la question, on parlait d’autre chose. Il semblait que son meilleur ami était aussi extrêmement occupé, car d’après les dires des pensionnaires et du personnel médical, il semblait pratiquer une dizaine d’activité dans la journée.

Mais Jesa n’était pas dupe : on lui cachait quelque chose. Quelqu’un – elle ne savait ni qui, ni pourquoi – ne voulait pas la laisser voir son meilleur ami. Sauf que pour Jesa, les règles n’étaient pas là pour être écoutée, au contraire, il s’agissait plutôt d’une incitation à faire quelque chose. Elle avait développé ce côté rebelle et curieux lors de son aventure. Très touche à tout, elle avait été fascinée par le monde qu’elle découvrait, ce monde dans lequel elle aurait été destinée à entrer si jamais il n’y avait pas eu ce terrible accident. Accident, oui, c’est comme cela qu’elle y pensait. Comme si cela n’aurait pas du avoir lieu, comme si on aurait pu faire quelque chose pour l’empêcher.

Un jour, elle se glissa hors de son lit, tenant sa perfusion à côté d’elle : à présent qu’elle était correctement nourrie, elle avait reprit du poil de la bête, et était non seulement capable de marcher correctement, mais de reprendre une vie à peu près normal. Mais avant toute chose, elle voulait voir Fabio.

L’enfant avait appris, en laissant trainer ses oreilles, que tout les patients devraient passer une visite médicale ce jour là, auprès du docteur Lipschitz. Elle-même l’appréciait beaucoup : il était prévenant envers elle, et venait la visiter régulièrement afin de s’assurer qu’elle se remette bien. Et à l’aide de quelques questions innocente, elle avait à peu près réussi à situer le bureau du dit docteur. Son plan était de se cacher dans la salle d’attente, afin de pouvoir enfin voir Fabio. Elle voulait le remercier. Il était évident que s’était lui qui l’avait prise et l’avait emmenée à l’abri, s’était donc grâce à lui qu’elle était ici, en vie. Et cela méritait bien au moins un merci.

Alors qu’elle se dirigeait vers le bureau du docteur, la jeune fille assista à une scène bien étrange. Son docteur adorait sortait d’une salle d’opération, suivi d’un brancard sur lequel elle aperçut quelqu’un allongé. Elle était trop loin pour distinguer de qui il s’agissait, et son instinct lui commanda de se cacher. Se glissant alors entre les lits restés dans les couloirs, elle se fit le plus discrète possible – ce qui n’était pas difficile, étant donné sa carrure – afin de pouvoir écouter la conversation.

-Jasmine ?
-Oui docteur ?

Il s’agissait d’une jolie infirmière, métisse, elle affichait un sourire avenant et s’approcha du docteur, sa planche calée contre elle en l’attente d’une prise de note assidue, ou d’un quelconque rapport à rendre.

-Veuillez préparer le patient 0586 pour l’opération, elle aura lieu après le déjeuner. Je vous enverrez les prochains patients à préparer également, nous opèrerons à raison de deux fois par jours, veillez à ce que cela soit prêt.

-Bien monsieur…

Même sans la voir, Jesalynda pouvait percevoir une hésitation dans la voix de l’infirmière.

-Un problème, Jasmine ?
-Eh bien… C’est que le patient 0586 a le cœur fragile, il risque de ne pas survivre à l’opération…

La ton du médecin se fit immédiatement plus froid, et la petite fille sentit son sang se glacer dans ses veines.

-Je suis parfaitement au courant des risques encouru par le patient 0586. Pensez-vous m’apprendre mon métier, mademoiselle Shepherd ?

L’infirmière ne répondit pas. Elle aussi avait perdu son sourire, et semblait à présent vouloir se faire oublier le plus rapidement possible.

-Bien. Nous nous verrons tout à l’heure, dans ce cas.

Et sur ces simples mots, le docteur s’éloigna dans la direction opposée à celle de Jesa. L’infirmière, quant à elle, trop occupée à se maudire d’avoir osé répondre à cet homme arrogant, passa devant l’enfant sans même la remarquer : elle avait autre chose à penser.

C’est ainsi que la petite se glissa hors de sa cachette, prenant toute les précautions possible pour ne pas être vue. Elle se dirigea alors vers dans la direction qu’avait pris le docteur, après avoir débranché la perfusion qu’elle avait fait passer pour celle d’un malade. Ce n’est qu’en arrivant à la hauteur du lit qu’elle reconnu l’enfant allongé dans celui-ci : il s’agissait de Fabio, son ami. Son ami, d’une pâleur cadavérique, qui portait au poignet un bracelet en plastique, orné des chiffres 0586.


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MessageSujet: Re: La naissance d'une infirmière   Mar 29 Sep - 23:10

S’était une erreur. Il s’agissait forcément d’une erreur…

Assise dans son lit, les genoux repliés sur elle-même, Jesalynda sanglotait. Elle était redevenue cette petite fille inoffensive qui ne craignait rien de la vie, car elle ne la connaissait pas. Naïve, elle avait cru en la bonté du docteur, elle avait cru qu’ils allaient tous être guéris, et qu’ils pourraient ainsi vivre tous ensemble. Un rêve bien idyllique, bien qu’elle ne le sache pas encore.

Elle avait été surprise hors de son lit peu après avoir découvert le bracelet de son ami, et l’infirmière l’avait alors prise pour une enfant difficile qui ne voulait pas faire sa visite hebdomadaire. Elle avait alors été conduite dans une salle d’attente. Encore à cet instant, elle avait gardé espoir : le docteur la reconnaitrait, et réaliserait la méprise puisqu’étant déjà hospitalisée, elle avait été dispensée de la visite car suivie au jour le jour. Elle serait certes réprimandée pour être sortie de sa chambre sans permission, mais cela s’arrêterait là. Et elle pourrait revoir Fabio.

Malgré ce qu’elle avait entendu, la petite fille ne pouvait se résoudre à croire que le médecin allait réellement mettre en danger son ami. Cela devait être une erreur, ils devaient savoir qu’elle écoutait en cachette et avaient voulu lui faire une blague. Si elle n’avait pas été emmenée par cette infirmière revêche, elle aurait vu son ami se relever en souriant et crier au canular et le médecin venir lui expliquer à quel point s’était mal d’écouter aux portes.

Mais ses espoirs furent bientôt vainc : le docteur n’était pas en charge du groupe de patient où elle avait été placée par erreur, et ne l’avait donc pas reconnue. Pire, on l’avait prise pour une enfant qui ne voulait pas participer à l’expérience, et faisait semblant d’être malade pour y échapper. On lui avait donc arraché ses perfusions, et décidé de faire d’elle un exemple : elle serait la deuxième à être opérée, puisque la première place était réservée à un cas spécial.

En attendant son tour, la fillette avait été emmenée dans une chambre noir. Elle ne ressemblait en rien à celle où elle avait séjourné jusqu’à maintenant : là où son ancienne chambre était clair et accueillante, pleine de luminosité, celle-ci était tellement sombre qu’il était impossible d’en distinguer les murs. Le seul aperçu qu’elle avait pu avoir était une surface rugueuse d’un blanc sale, parfois éclaboussé de tâche oscillant à entre le brun et le rouge. Elle ne voulait pas savoir d’où venait celle-ci, mais son esprit semblait prendre un malin plaisir à imaginer tout les scénarios les plus sanglants qui soient.

Elle ne savait pas combien de temps elle était restée dans cet état. Toujours est-il que lorsque la porte s’était ouverte, et que la brunette avait enfin daigné lever la tête, elle s’était aperçue qu’elle était courbaturée de partout. Cela devait faire un moment, dans ce cas. Elle avait encore une fois espéré que l’on se soit aperçu de l’erreur, mais en vain : l’infirmière l’attrapa par le bras, d’une poigne tellement forte que Jesalynda eut l’impression d’entendre l’os craquer.

Elle se laissa alors entrainer dans un dédale de couloir, tentant malgré tout de presser le pas afin de ne pas finir avec une épaule déboitée, et finit par être installée fermement sur un brancard, à son tour. Elle n’eut pas le temps de protester qu’elle sentit l’aiguille se frayer un chemin dans la chair tendre de son cou, et elle s’endormit…

Lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux, la petite cru d’abord être de retour dans la pièce d’où elle venait d’être tirée. Puis, elle crut avoir rêvé son transfert : elle avait du s’endormir, et avait rêvé être tirée de cet endroit morbide pour une raison ou une autre. Ce n’est que lorsqu’elle tenta de se redresser qu’elle se rendit compte que quelque chose clochait : pourquoi ne pouvait-elle pas bouger ? Elle tenta de protester, de faire connaitre sa présence à quelqu’un, mais elle n’arrivait pas à ouvrir la bouche. Pas moyen de laisser le moindre son franchir la barrière scellée de ses lèvres. Que lui arrivait-il ?

Elle entendit alors une voix, familière, mais froide. Aussi froide que la pierre, en fait… La voix du docteur.

-Heure du décès : 16h02. Arrêt cardiaque durant l’opération : le patient 0586 n’a pas survécu. Amenez le suivant.

Il y eut alors plusieurs bruit dont elle n’aurait pas su distinguer les causes, puis le bruit de deux porte qui claque, dont l’une menant à la pièce où elle se trouvait. Elle se sentit bouger, ou plutôt, sentit le support sur lequel elle était attachée bouger, et tenta une nouvelle fois de se relever.

Son esprit peinait à assimiler ce qu’elle avait entendu. Le patient était mort. Le patient 0586. Fabio. Fabio était mort…


Elle sentait un cri se former dans sa gorge, la douleur lui serrant celle-ci au point qu’elle aie l’impression qu’on lui enfonçait un tison chauffé à blanc dans celle-ci. Elle tenta à nouveau de crier, d’évacuer ce trop plein d’émotion, ce trop plein de tristesse, en vain.

La lumière s’alluma, la faisant à peine plisser les yeux alors que ses pupilles protestaient en se rétractant brusquement.  La fillette fouillait la salle des yeux avec curiosité, jusqu’à ce que son regard croise celui du médecin. Elle le soutint sans problème, ce regard à la fois empreint de pitié – elle priait pour qu’il la reconnaisse et la renvoie à l’infirmerie qu’elle n’aurait jamais du quitter – et de défit – défiance de lui faire subir la même chose qu’a son ami qui venait de les quitter.

Mais le docteur ne prêta attention ni à l’un, ni à l’autre : il retourna à la préparation de ses instruments, avant de s’approcher avec un scalpel. A la vue de cet instrument tranchant, la petite se débattit de plus belle, manquant d’arracher les sangles qui la retenaient plaquée contre le cuir froid de ce fauteuil.

Elle ne baissa même pas les yeux lorsque le chirurgien, d’un geste habile et habitué, ouvrit d’une estafilade précise son bras, afin de pouvoir en apercevoir les os. Il voulait observer la mutation, bien qu’elle n’aie aucune idée de ce qu’il était en train de se passer. Elle tentait toujours de croiser le regard de son bourreau, imaginant pouvoir interrompre l’opération.

Elle ne vit donc pas approcher le second infirmier qui, d’un geste brusque et sans aucune douceur, planta l’aiguille dans sa moelle épinière, avant de presser le piston.

Elle ressentit alors le feu la consumer, et se cambra, entendant le craquement sinistre des os qui craquent. Ses lèvres s’entrouvrirent, et elle parvint à laisser échapper un cri – le seul qu’elle poussa – de douleur et tristesse mêlée. Lorsqu’elle retomba sur le support où elle était installée, elle perdit connaissance, tandis que le cri se transformait peu à peu en un rugissement furieux.





Jesalynda ne reprit conscience que deux jours plus tard. Elle était de retour dans l’infirmerie où elle avait été installée au départ, la perfusion était attachée à son bras. Tout était pareil, à un détail prêt : les points de suture sur son bras, pile là où elle avait été ouverte.

L’infirmière s’approcha d’un pas joyeux de cette petite qu’elle n’avait plus vu depuis un moment, et a qui elle s’était tout de même attachée.

-Jesalynda ! Te voilà réveillée !


Une rougeur vint alors prendre place sur les joues de l’enfant qui baissa les yeux, n’osant pas croiser le regard de celle qui s’occupait d’elle. Un regard voulait dire beaucoup de chose. Un regard pouvait vous mettre à nu, et de toute façon, cela ne servait à rien, comme elle l’avait amèrement constaté…
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